Bericht

m4music, une réussite nationale et internationale

Fin mars, le festival m4music a résonné aux sons du meilleur de la pop suisse et internationale et débattu du financement de ces musiques.

Elisabeth Stoudmann, 2018-04-05
m4music, une réussite nationale et internationale - Schiffbau, Zurich
Schiffbau, Zurich
m4music, une réussite nationale et internationale - Conférence @ m4music
Conférence @ m4music
m4music, une réussite nationale et internationale - KT Gorique ©m4music
KT Gorique ©m4music
m4music, une réussite nationale et internationale - Jessiquoi ©m4music
Jessiquoi ©m4music

« Mon objectif ? pouvoir me payer avec la musique que je fais. Pour le moment je vis à travers des revenus annexes, par exemple par mon travail de production pour d’autres artistes. » s’exclame Robin Girod, lors de l’un des premiers débats du m4music au Moods de Zurich vendredi 23 mars. Le chanteur et guitariste est pourtant actif dans deux groupes très en vue de la scène romande, Duck Duck Grey Duck et l’Orage et dirige un label Cheptel Records. Il soulève d’emblée la question-clef, celle qui est au cœur de la plupart des débats proposés par m4music : comment gagner de l’argent en faisant de la musique? Quid des campagnes de crowdfunding ? Quid des droits d’auteur ? Quid du financement du service public qui fait le relais de cette scène suisse, et qui ressort fort ébranlé par les dernières votation « No Billag » ?

 

© m4music

 

Les embûches inhérentes à notre - trop ? - petit pays sont nombreuses. L’une d’elle étant sans doute que les musiques actuelles restent le parent pauvre de la culture. Un statut d’artiste tel qu’il peut exister en France n’est pas prêt de voir le jour de ce côté-ci du Jura… . On peut toujours se rassurer en se disant qu’il y aussi d’autres pays européens où le sort des musiciens est pire : l’Angleterre, l’Allemagne…

 

KT Gorique ©m4music

 

Qu’à cela ne tienne. En ce printemps 2018, la scène suisse brille de tous ses feux dans les différentes salles du Schiffbau, cette grande halle du quartier de Escher-Wyss originellement conçue comme une fabrique de bateaux. Parmi les 26 représentants de la scène helvétique, se sont faits remarquer le groupe de metallo-funk Zeal and Ardor (qui avance sur les traces de la formation culte américaine Living Colour), les esthètes électro de Bombers, les rappers KT Gorique et Rootwords. A mentionner enfin l’excellente prestation d’Emilie Zoé, en duo avec le batteur Nicolas Pittet. Sur la scène en plein air, la Chaux-de-fonnière, face à un soleil rasant, a convaincu par sa voix déterminée, son rock minimal scandé par des rythmes à la limite du décalage et sa très belle présence.

Emilie Zoé - Leaving San Francisco

 

Quant à la gagnante de la meilleure démo 2018, il s’agit de Jessiquoi, une Australienne résidente de Berne. Cette DJ, vocaliste, productrice et mixeuse de loops en tous genres assemble pop, électro avec le violon traditionnel chinois erhu ou la harpe guzheng dans un puzzle electro étonnant.

Jessiquoi - The Rebel

 

En cette toute fin du mois de mars 2018, pour sa vingt-et-unième édition, le festival pop du Pour-cent culturel Migros s’est ainsi déroulé à guichets fermés devant 6700 spectateurs qui furent également comblés par les concerts d’artistes internationaux comme Ibeyi. Fabrice ou Jacob Banks. Bien joué ! 

 

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